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Le début de la fin du pire président de la Veme République

29 janvier 2010

La relaxe de Villepin sonne le début de la fin pour Sarkozy.

- il n’est plus invincible et va faire moins peur

- il apparait comme un combineur qui a voulu instrumentaliser la justice

- il a maintenant un caillou dans la chaussure pour courir jusqu’à 2012. Rappelons que Villepin est marathonien et qu’il trouvera bien quelques points pour faire échouer Berluskozy

Je suis bien content de cet épilogue qui était quand même honteux pour la justice, la presse (Le Monde en particulier) et la démocratie

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Malaise vagal Sarkozy

26 juillet 2009

A date, on peut supposer que l’Elysée est transparent sur la réalité du malaise qui a touché N. Sarkozy, et qu’il s’agit bien d’un malaise vagal.

Le Figaro fait l’apologie de cette transparence et la met en regard de la dissimulation de F. Mitterrand sur son cancer de la prostate (dont on peut noter qu’elle etait finalement légitime (au moins en 1981) puisque Mitterrand a assuré sa charge pendant 2 septennats)

La transparence était de toute façon la seule attitude possible à partir du moment où des témoins l’avaient vu s’écrouler sans connaissance dans le parc de Versailles

Ce que je trouve le plus intéressant dans cette histoire c’est que ça va probablement atteindre Sarkozy sur deux axes:

- son énergie, un point fort, où il va être moins crédible

- la conscience de ses limites, un point faible, où il démontre qu’il est capable de faire des choses que le sens commun critique (courir en plein soleil après la digestion), sans en voir les conséquences probables

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Le Grand Emprunt

30 juin 2009

M’enfin ???

Personne ne se rend compte que la question n’est pas de savoir si on va faire un emprunt de plus (on emprunte déjà 250 Md € chaque année, soit 4-5 x le montant des recettes liées à l’impôt sur le revenu), ni si il va être dédié, les vases étant communicants, ça n’a strictement aucun sens.

La question c’est de savoir si:

- le fait que ça soit politiquement habile peut moralement justifier les surcoûts de l’ordre de 1Md €

- ça va financer de nouvelles dépenses ou des dépenses existantes déjà engagées

- et si c’est de nouvelles dépenses, elles qu’elles auront un impact économique positif

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Sécurité routière: le vrai bilan (2)

27 juin 2009

Dans un précédent article , je montrais que le bilan de la sécurité routière était moins flatteur qu’annoncé, étant en partie lié à un rattrapage observé dans tous les pays

Le ministère du développement durable (dont dépend la sécurité routière) nous refait le coup, en communiquant sur 12000 vies sauvées

On ne peut que saluer la campagne, dont le ton positif parait de nature à rappeler l’importance d’une conduite apaisée pour limiter les accidents.

Le chiffre de 12 000 est en fait discutable

Qu’en est-il en réalité ?

En fait, d’après le communiqué de presse (p10), les 12 000 sont calculés en prennant comme base -2,5% de baisse structurelle par an, et en observant le réalisé, qui est supérieur.

Sous cette hypothèse (-2,5%), le calcul est correct, je retrouve bien ce chiffre de 12 000.

Si j’essaie de valider cette hypothèse à partir des données historiques (depuis 1988), la tendance est plutôt -2,65%, ce qui nous mène à « seulement » 10843 vies sauvées.

Mais là où ça devient intéressant, c’est si on regarde à partir de 2004, c’est-à-dire du moment où on a installé les radars (on en avait qqs dizaines fin 2003)

200906270105.jpg Ce qu’on voit, c’est qu’après une année de communication intensive sur les méfaits de la vitesse, qui s’est traduite par une baisse de 1410 morts en 2003, (avant la mise en place massive des radars), la baisse ultérieure a été plus faible

Au total, les 1500 radars déployés depuis 2004 ont permis de sauver 2922 vies (et non pas 12000)

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Hadopi: mauvaise foi du gouvernement

18 juin 2009

Que ça soit Coppé , Albanel , ou Guaino , tous minimisent le fond de la sanction par le conseil constitutionnel, à savoir le non respect de droits fondamentaux (présomption d’innocence et liberté d’expression), pour revendiquer le droit de protéger le droit d’auteur, ce que personne n’a jamais contesté.

Avec un peu de recul on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un aveuglement sincère, mais d’une pure mauvaise foi pour camoufler une gestion calamiteuse du sujet. Ca ne les grandit pas.

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hadopi

18 juin 2009

Si vous continuez à télécharger, nous serons dans l’obligation de ..

http://www.maitre-eolas.fr/2009/06/14/1449-ca-y-est-elle-est-arrivee

Ben justement, de rien pour l’instant. Une loi comme on en fait peu!

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Sarkozy : réformes limitées, coût élevé

7 juin 2009

Laurence Boone, Chief Economist chez Barclays Capital, le dit ici

C’est très clair: les réformes sont moins ambitieuses qu’annoncées, elles coûtent plus, avec un alourdissement de la dette de plus de 16% du PIB en 3 ans, et ce n’est pas à cause de la crise, puisque chez nos voisins, on s’en sort mieux

Une des raisons est selon Elie Cohen l’échec du réformisme autoritaire.

Il en donne 2 exemples:

- la réforme sur l’autonomie de l’Université qui n’a pas réussi à débloquer les moyens financiers nécessaires pour enrayer son déclin comme outil de recherche et son échec grandissant comme moyen d’insertion sociale, tout en échouant in fine à donner un large pouvoir aux présidents d’université dans l’évaluation des enseignants-chercheurs. Un blocage massif et chaotique en ayant en effet résulté quand il est apparu que la réforme cachait une volonté de réduction des moyens de recherche, sur la base d’indicateurs relativement arbitraires

- la réforme de l’hopital, où le même mécanisme est à l’oeuvre: donner à des gestionnaires locaux des moyens pour réduire les coûts, dans ce qu’on soupçonne d’être une logique d’économie plus que d’efficacité, avec au bout du compte, vu l’opposition rencontrée, un recul sur tous les points majeurs

Sur l’aspect social, c’est pareil, comme le démontrent Pierre Cahuc et André Zylberberg , dans leur livre Les Réformes ratées du président Sarkozy

- réforme des régimes spéciaux de retraites qui coûtera au total plus cher à l’état

- réforme de la représentation syndicale qui au total favorise un syndicalisme qui défend ses intérêts au détriment de celui des salariés

- création d’une rupture conventionnelle qui va permettre de partir en retraite dès 57 ans, avec les conséquences sur les comptes sociaux qu’on imagine

- Loi de modernisation de l’économie qui protège les positions acquises des grands distributeurs, au détriment de groupes étrangers de Hard discount

- Défiscalisation des heures supplémentaires, qui en pratique n’en crée pas mais exonère de charges sociales celles existantes, au détriment de l’emploi et de la hausse des salaires de base

- Même constat pour le statut d’auto-entrepreneur qui minore les charges à verser et favorise l’externalisation des salariés

Leur conclusion: pour réformer, il faut changer au préalable notre démocratie sociale et notre démocratie politique pour avoir des chances de mener à bien des réformes d’envergure dans le domaine économique et social sans se faire piéger par les groupes de pression et les catégories particulières.

Une des conditions étant de supprimer le cumul des mandats

Une autre étant de ne pas personnaliser dans le Président de la République l’origine de ces réformes, ce qui fédère les oppositions et au bout du compte transforme toute réforme engagée en trompe-l’oeil négocié avec les parties dont les intérêts sont mis en cause

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Lire l’article de Julien Coupat

26 mai 2009

Il faut lire l’article de Julien Coupat dans le Monde.

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D’abord et avant tout pour sa qualité politique. C’est un pamphlet, à l’ancienne mode, sur les dérives de l’époque actuelle. Un bijou de précision et de persuasion, comme on devait en faire il y a 150 ans, du temps de Marx et de Proudhon.

Où l’on voit un homme argumenter avec habileté sur l’existence d’une raison d’état, attachée à détruire ses ennemis politiques

Julien Coupat est en prison depuis 7 mois sur une accusation de participation à une entreprise terroriste. Sur le fondement de l’accusation, je me garderais de porter un jugement argumenté. Sa présence auprès d’un caténaire TGV est à sa décharge, mais de là à le garder 7 mois en prison avant tout procès, et contre l’avis du juge …?

Le terrorisme, ce n’est pas arrêter les trains. La loi n’est pas faite pour être détournée par des procédures d’exception, dont on peut se demander si elles ne visent pas à créer un faux climat d’insécurité à visée electorale.

Voltaire disait, en substance « je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrais pour que vous ayez le droit de le dire » (bon, en réalité, il ne l’a jamais dit, mais il faut croire qu’il aurait pu, vu le nombre de gens qui y croient !)

Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec le discours de Julien Coupat, et encore moins avec ses actes s’il a effectivement vandalisé le TGV, mais, à une époque où de chevronnés commentateurs (Hervé Kempf, dans le Monde, toujours) considèrent que nous avons un des gouvernements les plus attentatoires aux libertés publiques depuis soixante-cinq ans , à une époque où on met en garde à vue des manifestants , je suis contre la logique politique qui le maintient en prison pour ne pas faire perdre la face à un ministre qui agite un épouvantail sécuritaire

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liberté, liberté chérie

26 mars 2009

Quand j’étais jeune, on apprenait ce poème de Paul Eluard,

Liberté, sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, j’écris ton nom…

Bizarrement, ce n’est plus au programme. Aujourd’hui, « liberté » rime avec « sécurité ».

Au moment où un gauchiste en marge de la société est retenu en prison depuis 4 mois sans preuve matérielle sur une inculpation très contestable de terrorisme, (peut-être est -il vraiment coupable de dégradation, mais ce n’est pas une raison ) ça vaut le coup de se plonger dans le recueil du PS « La France en liberté surveillée » .

Bien sûr, c’est une contre-attaque politique d’un parti desespérément à la recherche d’un angle d’attaque, mais la critique sur le fond me semble fondée

On y voit des dérives inquiétantes:

- loi sur la récidive qui est une remise en cause de l’individualisation des peines et instaure des peines planchers ( sauf si motivation spéciale du juge) d’au minimum un an, même sur des cas simples comme le vol; les peines plancher ont été appliquées dans plus de 10 000 cas cette année. A noter l’intervention du parquet (dépendant du Garde des Sceaux) qui demande un appel systématique en cas de non application des peines plancher. On est loin de l’indépendance de la justice.

- la rétention de sûreté qui maintient un « fou » en détention surveillée après la fin de sa peine en fonction du risque présumé de dangerosité

- les conditions d’ »accueil » des étrangers, (35 000 pendant 13 jours en moyenne) parqués dans des Centres où se produisent des faits divers graves (incendie, suicides, mutilations, grève de a faim) alors qu’on essaie d’éloigner la structure chargée de les défendre (la Cimade)

- multiplication des délits d’outrage, (x2 en 10 ans , soit 32 000 ) qui traduisent probablement des tentatives d’intimidation des citoyens, ou au moins un sentiment d’impunité de la police, ce que traduit aussi le doublement en trois ans des saisines de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) pour violences policières

- interventions policières en milieu scolaire pour faire la chasse aux sans-papiers, rechercher de la drogue, contrôler les grévistes

- équipement de la police en TASERs, qui augmente la violence des interpellations policières

- mutiplication des contrôles d’identité sans raison, épinglée par la CNDS (dont la suppression est d’ailleurs prévue)

- multiplication des gardes à vue (+70% en 6 ans)

- loi Hadopi qui autorise la coupure d’internet sans jugement contradictoire pour téléchargement de musique (une pratique de millions de français)

- création de fichiers multiples et variés, dont le STIC portant sur 10% de la population française, présentant des manquements graves dans la rigueur de leur gestion (selon la CNIL), conduisant à des refus d’embauche sur la foi d’erreurs de saisie. 1 million de personnes blanchies par la justice y sont encore considérées comme suspectes; fichage adn de 1% de la population française

- différentes tentatives de contrôles heureusement retoquées par le conseil constitutionnel (fichage adn des enfants d’étrangers pour prouver la filiation, prévention des délinquants dès l’âge de trois ans, incarcération de mineurs de 12 ans…)

- limogeages des hauts fonctionnaires critiques ou simplement objectifs

- différentes mesures pour contrôler la presse (intimidations, contrôle des nominations)

- mesures d’intimidation de la justice (convocations, circulaires, menaces, suppression du juge d’instruction…)

- réduction des pouvoirs d’expression des députés de l’opposition

- appel à la délation (dénonciation des passeurs d’immigrés en échange de visas)

- tentative de remise en cause des principes de laïcité, bienveillance envers les sectes (scientologie)

… tout ça n’est pas un hasard.

Ce n’est pas non plus seulement une tentative de séduire l’extrême droite par des discours.

C’est bien une radicalisation de la politique de droite qui nous approche de l’état policier

Malheureusement, la liberté n’est jamais acquise, et le XXème siècle est plein d’exemples pays européens qui se sont engouffrés dans l’autoritarisme (Espagne, Grèce, Portugal, Allemagne, …) .

On n’est jamais trop prudent

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Inquiétudes

23 février 2009

Le gros problème de Sarkozy, ce n’est pas qu’il est immature, brutal, inculte et autoritaire, c’est surtout que ce n’est pas un homme d’état. C’est juste un politicien, c’est-à-dire un expert dans l’art d’arriver au pouvoir.

L’ennui, c’est qu’en ces temps de crise, on a besoin d’un homme d’état.

J’aime bien regarder les sujets des journaux et les mettre en relation. Après tout, le métier des journalistes c’est de saisir l’air du temps, c-à-d ce qui intéresse les gens, et, espérons-le, les tendances à court terme.

Que voit-on dans Le Monde d’aujourd’hui ?

Un premier article qui montre la forte croissance des braquages des commerçants de proximité en 2008

Un deuxième qui montre que l’on va supprimer de façon dérogatoire les taxes pour les investissements du Qatar en France

Un troisième qui nous rappelle les leçons de l’histoire et en particulier qu’après la Grande Récession, on a eu la montée du fascisme et la Deuxième Guerre Mondiale.

Ce qu’on pourrait résumer en:

On va droit dans le mur, les premiers signes apparaissent déjà, et on ne pense qu’à des petits arrangements au mieux mercantiles, au pire immoraux, en remerciement de services passés (la libération des infirmières bulgares ?) ou futurs, mais qui n’auront pas grand impact sur l’économie et ne contribueront pas à la solidarité des européens ni des citoyens devant l’impôt

Un homme d’état prendrait la mesre de la crise, réhabiliterait le rôle de l’impôt, sans dérogation pour quiconque, encore moins pour remercier de services rendus, et s’attablerait à rétablir le respect des autres en s’interdisant de stigmatiser les uns ou les autres (Karcher pour les cités, enseignants, chômeurs, juges, syndicalistes, chercheurs, fonctionnaires, étudiants, immigrés, jeunes enfants turbulents, fous, et autres pauv’cons divers).

Bon c’est un peu court, mais je ne suis pas un homme d’état moi, juste un citoyen qui voit l’impasse dans laquelle on nous enferre