Archives pour juin 2009

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Le Grand Emprunt

30 juin 2009

M’enfin ???

Personne ne se rend compte que la question n’est pas de savoir si on va faire un emprunt de plus (on emprunte déjà 250 Md € chaque année, soit 4-5 x le montant des recettes liées à l’impôt sur le revenu), ni si il va être dédié, les vases étant communicants, ça n’a strictement aucun sens.

La question c’est de savoir si:

- le fait que ça soit politiquement habile peut moralement justifier les surcoûts de l’ordre de 1Md €

- ça va financer de nouvelles dépenses ou des dépenses existantes déjà engagées

- et si c’est de nouvelles dépenses, elles qu’elles auront un impact économique positif

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Sécurité routière: le vrai bilan (2)

27 juin 2009

Dans un précédent article , je montrais que le bilan de la sécurité routière était moins flatteur qu’annoncé, étant en partie lié à un rattrapage observé dans tous les pays

Le ministère du développement durable (dont dépend la sécurité routière) nous refait le coup, en communiquant sur 12000 vies sauvées

On ne peut que saluer la campagne, dont le ton positif parait de nature à rappeler l’importance d’une conduite apaisée pour limiter les accidents.

Le chiffre de 12 000 est en fait discutable

Qu’en est-il en réalité ?

En fait, d’après le communiqué de presse (p10), les 12 000 sont calculés en prennant comme base -2,5% de baisse structurelle par an, et en observant le réalisé, qui est supérieur.

Sous cette hypothèse (-2,5%), le calcul est correct, je retrouve bien ce chiffre de 12 000.

Si j’essaie de valider cette hypothèse à partir des données historiques (depuis 1988), la tendance est plutôt -2,65%, ce qui nous mène à “seulement” 10843 vies sauvées.

Mais là où ça devient intéressant, c’est si on regarde à partir de 2004, c’est-à-dire du moment où on a installé les radars (on en avait qqs dizaines fin 2003)

200906270105.jpg Ce qu’on voit, c’est qu’après une année de communication intensive sur les méfaits de la vitesse, qui s’est traduite par une baisse de 1410 morts en 2003, (avant la mise en place massive des radars), la baisse ultérieure a été plus faible

Au total, les 1500 radars déployés depuis 2004 ont permis de sauver 2922 vies (et non pas 12000)

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Hadopi: mauvaise foi du gouvernement

18 juin 2009

Que ça soit Coppé , Albanel , ou Guaino , tous minimisent le fond de la sanction par le conseil constitutionnel, à savoir le non respect de droits fondamentaux (présomption d’innocence et liberté d’expression), pour revendiquer le droit de protéger le droit d’auteur, ce que personne n’a jamais contesté.

Avec un peu de recul on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un aveuglement sincère, mais d’une pure mauvaise foi pour camoufler une gestion calamiteuse du sujet. Ca ne les grandit pas.

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hadopi

18 juin 2009

Si vous continuez à télécharger, nous serons dans l’obligation de ..

http://www.maitre-eolas.fr/2009/06/14/1449-ca-y-est-elle-est-arrivee

Ben justement, de rien pour l’instant. Une loi comme on en fait peu!

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Sarkozy : réformes limitées, coût élevé

7 juin 2009

Laurence Boone, Chief Economist chez Barclays Capital, le dit ici

C’est très clair: les réformes sont moins ambitieuses qu’annoncées, elles coûtent plus, avec un alourdissement de la dette de plus de 16% du PIB en 3 ans, et ce n’est pas à cause de la crise, puisque chez nos voisins, on s’en sort mieux

Une des raisons est selon Elie Cohen l’échec du réformisme autoritaire.

Il en donne 2 exemples:

- la réforme sur l’autonomie de l’Université qui n’a pas réussi à débloquer les moyens financiers nécessaires pour enrayer son déclin comme outil de recherche et son échec grandissant comme moyen d’insertion sociale, tout en échouant in fine à donner un large pouvoir aux présidents d’université dans l’évaluation des enseignants-chercheurs. Un blocage massif et chaotique en ayant en effet résulté quand il est apparu que la réforme cachait une volonté de réduction des moyens de recherche, sur la base d’indicateurs relativement arbitraires

- la réforme de l’hopital, où le même mécanisme est à l’oeuvre: donner à des gestionnaires locaux des moyens pour réduire les coûts, dans ce qu’on soupçonne d’être une logique d’économie plus que d’efficacité, avec au bout du compte, vu l’opposition rencontrée, un recul sur tous les points majeurs

Sur l’aspect social, c’est pareil, comme le démontrent Pierre Cahuc et André Zylberberg , dans leur livre Les Réformes ratées du président Sarkozy

- réforme des régimes spéciaux de retraites qui coûtera au total plus cher à l’état

- réforme de la représentation syndicale qui au total favorise un syndicalisme qui défend ses intérêts au détriment de celui des salariés

- création d’une rupture conventionnelle qui va permettre de partir en retraite dès 57 ans, avec les conséquences sur les comptes sociaux qu’on imagine

- Loi de modernisation de l’économie qui protège les positions acquises des grands distributeurs, au détriment de groupes étrangers de Hard discount

- Défiscalisation des heures supplémentaires, qui en pratique n’en crée pas mais exonère de charges sociales celles existantes, au détriment de l’emploi et de la hausse des salaires de base

- Même constat pour le statut d’auto-entrepreneur qui minore les charges à verser et favorise l’externalisation des salariés

Leur conclusion: pour réformer, il faut changer au préalable notre démocratie sociale et notre démocratie politique pour avoir des chances de mener à bien des réformes d’envergure dans le domaine économique et social sans se faire piéger par les groupes de pression et les catégories particulières.

Une des conditions étant de supprimer le cumul des mandats

Une autre étant de ne pas personnaliser dans le Président de la République l’origine de ces réformes, ce qui fédère les oppositions et au bout du compte transforme toute réforme engagée en trompe-l’oeil négocié avec les parties dont les intérêts sont mis en cause