
Sarkozy : réformes limitées, coût élevé
7 juin 2009Laurence Boone, Chief Economist chez Barclays Capital, le dit ici
C’est très clair: les réformes sont moins ambitieuses qu’annoncées, elles coûtent plus, avec un alourdissement de la dette de plus de 16% du PIB en 3 ans, et ce n’est pas à cause de la crise, puisque chez nos voisins, on s’en sort mieux
Une des raisons est selon Elie Cohen l’échec du réformisme autoritaire.
Il en donne 2 exemples:
- la réforme sur l’autonomie de l’Université qui n’a pas réussi à débloquer les moyens financiers nécessaires pour enrayer son déclin comme outil de recherche et son échec grandissant comme moyen d’insertion sociale, tout en échouant in fine à donner un large pouvoir aux présidents d’université dans l’évaluation des enseignants-chercheurs. Un blocage massif et chaotique en ayant en effet résulté quand il est apparu que la réforme cachait une volonté de réduction des moyens de recherche, sur la base d’indicateurs relativement arbitraires
- la réforme de l’hopital, où le même mécanisme est à l’oeuvre: donner à des gestionnaires locaux des moyens pour réduire les coûts, dans ce qu’on soupçonne d’être une logique d’économie plus que d’efficacité, avec au bout du compte, vu l’opposition rencontrée, un recul sur tous les points majeurs
Sur l’aspect social, c’est pareil, comme le démontrent Pierre Cahuc et André Zylberberg , dans leur livre Les Réformes ratées du président Sarkozy
- réforme des régimes spéciaux de retraites qui coûtera au total plus cher à l’état
- réforme de la représentation syndicale qui au total favorise un syndicalisme qui défend ses intérêts au détriment de celui des salariés
- création d’une rupture conventionnelle qui va permettre de partir en retraite dès 57 ans, avec les conséquences sur les comptes sociaux qu’on imagine
- Loi de modernisation de l’économie qui protège les positions acquises des grands distributeurs, au détriment de groupes étrangers de Hard discount
- Défiscalisation des heures supplémentaires, qui en pratique n’en crée pas mais exonère de charges sociales celles existantes, au détriment de l’emploi et de la hausse des salaires de base
- Même constat pour le statut d’auto-entrepreneur qui minore les charges à verser et favorise l’externalisation des salariés
Leur conclusion: pour réformer, il faut changer au préalable notre démocratie sociale et notre démocratie politique pour avoir des chances de mener à bien des réformes d’envergure dans le domaine économique et social sans se faire piéger par les groupes de pression et les catégories particulières.
Une des conditions étant de supprimer le cumul des mandats
Une autre étant de ne pas personnaliser dans le Président de la République l’origine de ces réformes, ce qui fédère les oppositions et au bout du compte transforme toute réforme engagée en trompe-l’oeil négocié avec les parties dont les intérêts sont mis en cause
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