Archive for novembre 2011

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#DSK Réponse à Fabienne Sintès

30 novembre 2011

J’avais fait un long post pour répondre point par point aux 13 questions de Fabienne Sintès, une des rares à avoir suivi à peu près correctement l’affaire DSK jusqu’à présent, que j’ai perdu. Un complot sans doute !

Plus sérieusement, le point essentiel c’est que SI on fait confiance à ce qu’écrit Epstein, on a:

a) un blackberry désactivé à 12:51 dans le Sofitel:

ça ne peut être DSK qui était dans le taxi.

ça ne peut pas être quelqu’un qui l’a volé hors du sofitel.

c’est donc une personne dans le Sofitel qui a désactivé le Blackberry

(ou il a été desactivé à distance, ce qui confirmerait le hacking par un tiers, DSK ne pouvant être raisonnablement soupçonné)

b) ce blackberry a continué à émettre après

Ça ne peut pas être une batterie déchargée.

On ne desactive pas la géolocalisation par hasard. Un bug de la géolocalisation (déjà improbable) juste à ce moment est peu crédible

(Note: il faut en savoir plus sur ce qu’on entend par « desactivé ». Il pu aussi perdre le lien avec une borne wifi par hasard, et par là sa gélocalisation. Mais alors pourquoi ne l’a t on pas retrouvé ? pourquoi le lien ne s’est-il pas rétabli ?)

Il y a donc une présomption forte d’une action délibérée par quelqu’un à 12:51pour rendre le BlackBerry non géolocalisable. Pour quelle raison ?

c) ce blackberry était à 12:13 dans la 2806.

Il n’y est plus ensuite et il y a eu une action à 12:51

Quelqu’un est donc entré dans la 2806 pour récupérer le Blackberry entre 12:13 et 12:51

d) ce blackberry était toujours au sofitel après (d’après l’enquête de Police en novembre) et n’a pas été réutilisé. Mais il n’a jamais été remis à la Police

Le mobile n’est donc pas le simple vol. Pour autant la personne qui l’a volée n’a pas voulu coopérer avec la Police dans une affaire de viol. C’est grave, d’autant plus que DSK a exigé auprès de l’hotel puis de la police qu’on lui rende son Blackberry, et que donc des recherches ont dû être faites.

Le mobile du vol est très sérieux

e) DSK a cherché son Blackberry

Il a fait demandé à sa fille de le rechercher au restaurant, il a appelé l’hotel pour qu’on lui rende, c’est la première question qu’il a posée quand on est venu arrêter à l’aéroport, il a exigé de la Police par ses avocats qu’on lui restitue pendant l’enquête.

Le Blackberry est un sujet important pour DSK

f) Le Blackberry a-til vraiment été piraté ?

– DSK dit avoir reçu un mail disant que son Blackberry était piraté le matin même

– DSK dit avoir appelé sa femme pour s’en plaindre à 10H07, en signalant « un problème », info qui a fuité dans la presse aussitôt. Il y a peut-être des témoins si Anne Sinclair en a parlé autour d’elle, en particulier à Stéphane Fouks qui devait l’expertiser

– on a récupéré ce blackberry juste après cette conversation sur la scène du crime.

– on l’a désactivé

– il est depuis introuvable

Il est très probable que DSK est sincèrement convaincu que son Blackberry a été piraté, et quelqu’un lui a repris dans l’intention de lui nuire. Le piratage est une explication crédible à ce jour qui mérite d’être investigué


g) qui a pris le téléphone ?

ça peut être Diallo. J’ai toujours pensé que la relation sexuelle avait eu lieu après 12:13.

ça peut être l’ingénieur en chef Yearwood qui est entré dans la 2806 précisément à 12:51, heure à laquelle le Blackberry a été desactivé, une scène de crime quand même, où il n’avait rien à faire, et qui semble fou de joie que la police soit sur le dos de DSK.

Mais c’est forcément dans le cercle très restreint des employés Sofitel présent dans la 2806 alors qu’il savent qu’il y a eu viol et que cela concerne un personnage important

h) qui a désactivé?

On ne sait pas. Yearwood, ou le mystérieux deuxième danseur, toujours non identifié, ou l’homme d’affaires français dans la 2820 dans laquelle Diallo est entrée 4 fois. QUATRE fois dont trois sans frapper alors qu’elle aurait dû. La théorie du ménage est fragile.

i) qui l’a gardé ?

On ne sait pas, non plus. il faudrait vérifier pendant combien de temps il est resté activé au Sofitel.

j) qui aurait pu monter un piratage ?

On en est réduit à des hypothèses.

Que les services français aient placé sous surveillance DSK et le surveillent dans les chambres d’hotel où il est réputé faire des rencontres libertines, avec la complicité du patron de la sécurité du groupe Accor où il descend souvent et qui est du sérail, cela n’aurait rien de surprenant. Que Yearwood, basé à New York, soit un maillon clef est déjà plus étonnant. Notons quand même que DSK a été surclassé dans cette suite à l’initiative du Sofitel, ce qui est une incitation à l’y faire descendre. Si on n’identifie pas le mystérieux deuxième danseur, il y aurait aussi matière à s’interroger très sérieusement.

On peut continuer le jeu des questions-réponses, ce que j’avais fait dans mon post précédent, mais nier qu’Epstein, qui n’affirme rien d’autre que les faits, ait fait un vrai travail d’investigation original qui méritait une large audience est vraiment de mauvaise foi.

Par ailleurs, la posture est très surprenante de la part de journalistes qui par ailleurs ( je ne vise pas Sintès) ont massivement participé à une campagne de lynchage dans une affaire où les accusations ont finalement été abandonnées. Car après tout Epstein fait son boulot: il met sur la place publique des infos nouvelles et lance le débat . Ceux qui veulent enterrer sans comprendre ont une conception bizarre de l’éthique journalistique. Ou des arrières-pensées pas vraiment respectables.

A l’inverse, si ce que dit Epstein est faux, en particulier sur la desactivation du Blackberry, la plupart des points ci-dessus s’effondrent. Notons cependant qu’il avait identifié très tôt une incohérence dans le discours de Diallo montrant que celle-ci aurait passé 15 mn dans le couloir après s’être enfuie et avoir été « violée » sans que DSK ne réagisse, ce qui est de la dernière invraisemblance, mais n’avait pas réveillé la presse française plus que ça. Notons aussi que tous les faits cités par Epstein peuvent facilement être contrôlés.

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#DSK La théorie du complot de retour

27 novembre 2011

Depuis mes derniers articles, DSK a vu les charges émises contre lui abandonnées. Il est donc innocent, comme vous et moi, d’un éventuel viol au Sofitel de New York. Il a aussi perdu toute crédibilité comme homme politique suite aux différentes révélations sur sa vie libertine, les arguments dans l’opinion s’étendant de l’inacceptable (« c’est un violeur ») au débattable (« je ne veux pas être représenté par un libertin ») et au convaincant (« son attitude a été irresponsable, il est fragile »).

Néanmoins il continue à être persécuté par la presse, pour des raisons pas forcément très limpides, comme en témoigne la récente affaire du Carlton de Lille, après l’affaire Banon, dont tout expert savait dès le départ qu’elle ne pouvait être que classée.

Il est possible que ce lynchage médiatique ait une origine politique. Après tout Nicolas Sarkozy n’avait-il pas prédit le « feu nucléaire » à DSK s’il se présentait contre lui ?

En tout cas, il semblerait que DSK ait décidé de ne pas se laisser faire.

Après des mois de silence obligé, qu’on lui avait pourtant reproché, il avait répondu aux attaques lors d’un interview en prime time, qu’on lui avait bien sûr aussi reproché. Et avait répondu à la question du complot qu’elle restait ouverte: « Un piège ? C’est possible. Un complot ? Nous verrons ».

J’ai écrit et que je ne croyais guère en ces théories. Je commence cependant à être ébranlé.

Alors que le Carlton semblait un contre-feu aux affaires qui embarrassent l’UMP (avec M. Takieddine en guest star), on peut considérer le récent article du journaliste Edward Jay Epstein comme une réplique.

Il semble que par l’intermédiaire de ses avocats, DSK ait nourri une réponse qui soulève des lièvres intéressants. Partons du principe que ce que dit ce journaliste respecté est exact. On y apprend quelques pépites:

– DSK a été prévenu sur son Blackberry que celui-ci était écouté le matin du 14 mai. Il l’a aussitôt utilisé pour appeler sa femme en demandant à ce qu’on s’organise pour le faire expertiser. Ce Blackberry a disparu dans les 3 heures qui ont suivi (on a des témoignages comme quoi DSK l’a fait rechercher).

– Plus étonnant, il n’aurait jamais quitté le Sofitel, où il n’a pourtant jamais été retrouvé, ni jamais réutilisé.

– Encore plus incroyable, ses fonctions de localisation auraient été désactivées à 12:51, c’est-à dire au moment où l’ingénieur du Sofitel, Brian Yearwood entrait dans la Suite 2806, c’est-à-dire là le seul endroit où le Blackberry pouvait se trouver, sauf à ce que quelqu’un l’y ait volé avant.

– ce même ingénieur a échangé 26 messages avec un directeur de la sécurité de la chaîne Accor John Sheehan, de 12:21 à 12:24, heure à laquelle Nafissatou Diallo n’a encore officiellement prévenu personne de son « agression ». Ce même ingenieur exécutera une « danse de la victoire  » de 3 mn avec un inconnu encore non identifié, 2 minutes après que la police ait été appelée pour le viol (13:31).

– cet appel suit de 3 mn un sms de John Sheehan à ce même Brian, qui semble donc avoir donné un GO

– 1/2 heure auparavant, John Sheehan a appelé un numéro chez Accor où on répond avec un fort accent français. On peut donc supposer qu’il a pris ses consignes au siège.

Il faut rappeler que le responsable sécurité groupe d’Accor, supérieur fonctionnel de Sheehan, est Georges Querry, proche de Ange Mancini, Coordinateur National du renseignement pour Nicolas Sarkozy. Et que Georges Querry se rendait à ce moment à un match de foot aux côtés de Nicolas Sarkozy (début à 13:30 heure de NY). Enfin que Querry a reconnu avoir appelé Mancini, qui fera remonter à l’Elysée, mais officiellement seulement à 17h45 (heure de NY). Pour mémoire Nicolas Sarkozy sera vu en grande conversation téléphonique et visiblement préoccupé vers 16H45, heure à laquelle la NYPD (dont NS a décoré le chef de la légion d’honneur) décidera du sort de DSK.

– rappelons aussi que Diallo était accompagné par l’inconnu de la danse de la victoire avant de voir la Sécurité de l’hotel, qui était encore là pour accueillir police, avec le Dr de l’hotel. Il ne doit donc pas être compliqué à identifier. Rappelons aussi qu’elle est entrée 4 fois dans la chambre 2820 ce matin-là à 10h30, 11:00, 11:30, 12:26, alors que le Sofitel nous dit que le check-out de son mystérieux client n’a eu lieu qu’à 11:36.

– enfin, pour couronner le tout, on affirme que l’UMP était au courant de ce piratage et avait accès aux mails de DSK dans sa permanence de Paris.

On peut comme Edward Jay Epstein se limiter à la chronologie.

On peut aussi se poser des questions plus précises:

– Le Blackberry a bel et bien disparu au moment où l’on voulait le faire expertiser et a été desactivé: le soupçon de piratage est fort: à qui le crime profite-t-il, et qui a les moyens de mettre ça en place ?

– Quelqu’un est allé le chercher dans la chambre du Sofitel et il y a quand mêmes deux personnes suspectes: Diallo (qui revient dans la 2806) et Yearwood (que va-t-il y faire ?).

– Il est toujours aussi douteux que l’Elysée ou l’Intérieur, n’est pas été tenu au courant de cette affaire avant la nuit. Rappelons que l’interieur dictait par fax ce qu’il fallait demander à la comptable de Bettencourt. Ils sont plutôt bien informés en général. Rappelons aussi que les visiteurs de la veille venaient de l’affaire Carlton et étaient déjà surveillés.

– le Sofitel n’est pas collaboratif du tout dans cette affaire. Qu’à t-il à cacher ?

– Sans vouloir rouvrir le dossier du « viol », on peut de demander pourquoi on n’a pas plus entendu le témoignage du room-service, comment ça se fait que les bagages déjà faits et bien en vue dans l’entrée n’aient pas alerté Diallo, si l’acte sexuel n’a pas eu lieu après 12:13 (ce qui le rendrait moins précipité), pourquoi il a fallu attendre 3 heures pour aller à l’hopital si elle était si bouleversée, pourquoi Diallo a caché sa présence dans la salle 2820, et comment DSK a pu la tirer sur plus de 10 mètre de couloir…

A ce stade, on ne peut pas dire non plus que l’UMP soit mouillé ni qu’il y ait eu un piège prémédité, même si on a un peu oublié les propos de Bernard Debré et du jeune stagiaire Neuilléen Boris, qui semblaient avoir des informations de première main.

Il est par contre très probable que DSK ait été surveillé, que l’UMP en ait eu vent, la police sarkozienne semble bien bavarde sur ce sujet, et que cela faisait partie des arguments de campagne à ressortir au bon moment. On peut de demander aussi qui a autorisé un tel flot de fuites mensongères dans les débuts de l’affaire (quand Guéant disait alors que DSK n’était même pas jugé « il pourrait revenir faire sa peine en France »).

Reste la question: qui a les moyens de hacker le Blackberry du Directeur du FMI et de le récupérer si vite en cas de danger ? Et aurait pu monter un « piège » en ce but ?